L’Histoire de Nordheim

C’est dans la lettre de fondation d’Ebersmunster que l’on parle la première fois de notre village.  Puis durant plusieurs siècles, on ne trouve aucune mention de cette localité, tout au plus sait-on que Nordheim s’accrut au point de devenir un bourg que l’on  entoura d’un mur d’enceinte flanqué de tours et muni de quatre portes. « Northeim marca » est signalée dans une notice de l’abbaye de Marmoutier (1128) qui y  possède des propriétés.
Le début du XVIIème siècle était peut-être, la période la plus noire pour le bourg de Nordheim. La puissante maison d’Autriche voulait établir sa domination sur toute  l’Europe et détruire le protestantisme. Les États protestants d’Allemagne, de la Suède, de Hollande recherchaient l’appui de la France contre l’ennemi commun.  C’est alors que commença la guerre de Trente Ans (1618-1648). Les bandes de Mansfeld envahirent la Basse-Alsace et mirent les campagnes à sac. Très vite, le pays ne fut plus seulement le rendez-vous des Suédois, mais  également les Impériaux, les Croates, les Espagnols, les Français et les Lorrains s’y battaient, dévastaient le pays, torturaient la population qui souffrait atrocement  de la cruauté des soldats, de la famine, de la peste. Voilà quelques répercussions de cette guerre à Nordheim :

  • Le 4 février 1622 les troupes de Mansfeld pillent Nordheim, « Namentlich im Hause eines gewissen Hans Hauptwald hatten sich gründlich Arbeit getan: Enter,  Gänse, Hühner und Brot hatten sie mitgenommem  » En traduction: « Notamment, elles avaient effectué un pillage total dans la maison d’un nommé Jean  Hauptwald. Elles avaient volé canards, oies, poules et pain.
  • 1625: les soldats du Comte Salentini de Salm fixent leurs quartiers en notre village.
  • 1627: les femmes et les enfants Nordheimois sont mis en protection à Kuttolsheim. Hippolite Mosbach de Nordheim accuse le porte-drapeau qui habite chez  lui de lui extorquer des fonds sans arrêt.
  • Janvier 1632: des Lorrains incendient Nordheim.
  • 1633: le Chevalier italien Christian commet des exactions à Nordheim.

Ces quelques traces sont la preuve de la souffrance endurée par le Nordheimois durant cette guerre. Il est à noter qu’aucune maison en notre village n’est antérieure à cette période tout au plus trouve-t-on une datation du XVIème siècle sur quelques robustes caves.  Est-ce un hasard ou la cause de cette guerre désastreuse ?

Très souvent, on se pose la question : existait-il des nobles qui portaient le titre  » de (von) Nordheim  » ?  L’histoire nous indique que quelques membres de la basse noblesse prirent le nom du village comme symbole de leur rang :

  • Les Wentsch Von Nordheim, éteints en 1357
  • Les Krieg von Nordheim, éteints en 1358
  • Les Suner von Nordheim, éteints en 1376
  • Les Franck von Nordheim, éteints en 1393
  • Scholl von Nordheim, décédé en 1408.

Ceux qui, sans être nobles, portaient simplement le nom de leur localité d’origine  » Nordheim  » s’éteignirent vers l’an 1428 :

  •  Jean de Nordheim vivait en 1221
  • Urban, soldat de Nordheim et son frère Henri, Jean dit le Vieux
  •  Jean dit le Jeune
  • Charles, Nicolas qui vivaient au milieu du XIV siècle portaient tous le nom du village.

Lorsqu’on consulte les archives anciennes, voici les noms des roturiers de Nordheim qui sont les plus anciens : Adam, Anselim, Baur, Ehrmann. Gaspard, Kieffer, Kratz, Martin, Mossbach, Schaffner, Scholl, Voegele.

Dans les contrats de mariage de 1743 à 1779, nous trouvons, outre les noms cités ci-dessus, les patronymes de Rauel (1743) – Schaeffer (1743) – Huber (1743) –  Meinrad (1744) – Burg (1745) – Grog (1745) – Hauswald (1745) – Ludwig (1745) – Hartmann (1748) – Ernwein (1748) – Ostermann (1750) – Fischer (1751) –  Hindernach (1752)-Schott(1753) – Riehl (1765) – Meyer (1777) – Diemert (1771) – Nussbaumer (1778) – Baehrel (1795). Ces noms existent encore en notre village ou dans les proches environs. Ils sont le symbole de la fidélité de nos ancêtres à leur terre natale.

C’est dans la lettre de fondation d’Ebersmunster que l’on parle la première fois de notre village.  En France, l’enseignement est devenu gratuit en 1881 et obligatoire en 1882 ; L’Alsace annexée au IIème Reich bénéficiait du régime de l’école obligatoire dés  1871. Est-ce à dire qu’avant ces dates, les Nordheimois étaient illettrés ? Point du tout. La religion réformée, qui tenait beaucoup à ce que les croyants puissent lire la  Bible, avait fait un gros effort en faveur de l’instruction. Son existence est attestée en 1673. Il est dit que l’instituteur protestant à Nordheim a été chassé de cette commune après 7 années de service. A partir de 1694, nous possédons les noms des instituteurs de Nordheim, de religion catholique :

  • 1694-1727: Miche Ott qui mourut en notre village le 4 janvier 1728. Cet instituteur a été enterré par le curé de Fessenheim Grégoire Rippel au cimetière de  Nordheim  » an der linken Seite des grossen Kreuzes » (à gauche du grand calvaire).
  • 1727-1763: Jacques Groh, qui décéda à Nordheim le 9 novembre 1764.
  • 1763-1789: Ignace Giessner, originaire de Saverne.
  • 1791-1838: Jean-Pierre Weber.
  • 1808-1814: Florent Dach.
  • 1814-1833: Florent Vierling, originaire d’Odratzheim. D’ailleurs son engagement par la commune mérite réflexion sur les compétences de l’intéressé. Ci-dessous l’extrait intégral de son arrêté d’installation. Le Recteur  de l’Académie de Strasbourg : o Vu la délibération du Conseil Municipal en date du 8 août dernier par laquelle il propose le Sieur Vierling pour remplacer le Sieur Dach, démissionnaire o Vu les témoignages avantageux reçus sur la conduite du Sieur Vierling   o Vu enfin le résultat de l’examen qu’il a subi le 11 septembre dernier par-devant M. le Proviseur du Lycée de Strasbourg,   Arrête.   Le Sieur Vierling est nommé provisoirement instituteur primaire à Nordheim à charge de se renforcer sur la langue française, la grammaire, l’orthographe, l’écriture  et le calcul mental pour être dans le cas de se présenter à un nouvel examen dont l’époque lui sera indiquée. Il ne recevra dans son école que des enfants qui aient été vacciné ou qui aient eu la petite vérole naturelle. Fait à Strasbourg, le S octobre 1813 Le Baron de Montbrison. Le 7 février 1817, M. Vierling passera une seconde fois son examen auquel il sera reçu avec brio.
  • 1833-1848: Jean-Baptiste Mockers, né à Herrlisheim le 16 octobre 1809 décédé à Nordheim le 20 août 1848, neveu de Xavier Mockers qui fit les orgues à  Nordheim.
  • 1848-1859: François Antoine Xavier Brolly, né à Huttenheim, décédé à Nordheim, le 11 juin 1860.
  • 1859-1898: Antoine Adolphe George, né à Marlenheim, le 20 février 1837, nommé instituteur à Nordheim le 22 juillet 1859 où il exerça durant 39 ans. Il  décéda à Nordheim le 18 janvier 1898 et fut enterré à Marlenheim. C’est l’Abbé Delsor qui fit son homélie funèbre.
  • 1880: aux environs de cette année là, Mme Nowak, née Merckel nous signale (en mars 2002), qu’un sien aïeul a été instituteur au village : Joseph Merckel a exercé à Nordheim dans les années 1880. Son plus jeune fils, Paul Merckel  instituteur à Marlenheim pendant de longues années, était également organiste à  Nordheim.
  • 1898-1932: Edmond Keiling, né le 23 mai 1367 à Fort-Louis, qui se retira à Marienthal le 1er octobre 1932 après plus de 34 ans de  service à Nordheim.
  • 1932-1937: Joseph Moschler, né le 27 janvier 1879 à Innenheim. Il resta en notre village jusqu’au 1er octobre 1937.
  • 1937-1954: Joseph Charton, né le 9 janvier 1902 à Wîsches.
  • 1954-1962: aucun instituteur n’était titulaire du poste.
  • 1962-1984: Marc Wenger né le 14 avril 1939 à Grendelbruch, qui fut nommé Conseiller pédagogique, adjoint à l’inspecteur Départemental de Strasbourg.
  • A  compter de 1984, les deux écoles de Nordheim sont dirigées par Mlle Fantasia qui exerce en notre commune depuis 1958.
  • Jusqu’en 1846, Nordheim possédait une seule école à une classe à l’emplacement de l’actuelle mairie. A cette date, fut construite l’école de garçons sur les  fondations d’une ferme. A l’école de filles, reconstruite en 1902, ce sont les sœurs de St jean de Bassel qui prirent l’enseignement on main. La gémination s’effectua à la rentrée de 1967.
25 mai 1921et 12 août 1928 à Nordheim

Ces deux dates font partie des mauvais souvenirs du début du siècle et alimentent encore aujourd’hui maintes discussions.

25 mai 1921 : c’était un mercredi, pendant le déjeuner, une véritable catastrophe s’abattit sur le village. Une trombe d’eau et de grêle fit de toutes les rues un torrent  d’eau et de boue. La volaille périt partiellement, les murs furent défoncés par les forces naturelles, charrettes, machines agricoles, poutres, pierres furent emmenées par l’eau du haut du village vers le bas.  Chez le paysan Eugène Weber (emplacement actuel du contre socioculturel et sportif), les flots déchaînés entrèrent dans la cour, le gros bétail risqua de périr noyé.  Heureusement que le mur Est céda, ce qui permit l’évacuation de l’eau.  La cave du tonnelier Xavier Speich (maison Kapps) fut totalement inondée, les tonneaux flottaient, l’eau rentrait par les soupiraux ouest et ressortaient par les  soupiraux est. Les grêlons de la taille de noix brisèrent les fenêtres. Les sarments de vigne furent nus, toutes les feuilles furent déchirées. Aucune moisson ne fut possible cette  année.

12 août 1928: une tornade, vers 21 heures et le beau clocher élancé construit en 1868-1869 s’abattit entre la nef et la maison  mitoyenne. La responsabilité du charpentier est-elle engagée ? Une longue controverse naît à ce propos. Toujours est-il que le nouveau clocher sera en maçonnerie, beaucoup moins élancé et défigurera un peu l’ensemble.

En 1923, la commune érigea un monument à la mémoire de ses enfants tombés au Champ d’Honneur lors de la Grande Guerre (1914-1918). Ce mémorial reçut des inscriptions allemandes durant la 2ème guerre mondiale (1939-1945) et fut remplacé en 1960 par une autre stèle. Les noms des héros des deux dernières guerres figurent sur les 4 faces du monument.

En 1870/1871, trois Nordheimois sont morts lors de la guerre franco-prussienne :

  • Victor Kratz
  • Aloise Mehl
  • Georges Rauel

Durant la Grande Guerre, 29 hommes de la localité sont décédés sur les champs de bataille du 5 août 1914 au 19 juillet 1918. Voici leurs noms dans l’ordre  chronologique des décès :

  • Georges Lebasch
  • Joseph Mehl
  • Eugène Dentel
  • Joseph Finck
  • Alphonse Trappler
  • Georges Kratz
  • Georges Hey
  • Joseph Leitz
  • Joseph Simon
  • Eugène Christ
  • Alphonse Fischer
  • Joseph Hartmann
  • Jérôme Fend
  • Alfred Hey
  • Georges Klock
  • Georges Burg
  • Alphonse Simon
  • Xavier Baehrel
  • Eugène Lieber
  • Florent Siffrid
  • Léon Bernhard
  • Georges Christ
  • Charles Engel
  • Adolphe Fischer
  • Alphonse Reyser
  • Georges Mehl
  • Charles Siffrid
  • Paul Reyser
  • Antoine Ehre

Pour la deuxième guerre mondiale, Nordheim a, à nouveau, été contraint de déplorer des décès :

  • Xavier Schaffner
  • Georges Fischer
  • René Reyser
  • Albert Wolff
  • Germain
  • Armand Hauswald
  • Lucien Speich
  • Roger Wimmer
  • Joseph Weber
  • Edouard Adam
  • René Goetz
  • Antoine Speich
  • Antoine Diss
  • Joseph Wolff
  • Joseph Baehrel
  • Joseph Burg
  • Antoine Diebolt
  • Raymond Schall
  • Alfred Krieger
  • Georges Lienhart

Que leur mémoire reste en nos cœurs et nous rappelle que la paix entre les hommes doit être préservée afin d’éviter de tels prélèvements en vies humaines ? Marc Wenger 1985 Conseiller pédagogique Ancien directeur d’école de Nordheim.

Nous vous invitons à découvrir au travers de la vie de quelques personnalités du village, les malheurs et les bonheurs de notre village et de ses habitants au cours des derniers siècles. Où comment les évènements du monde bousculent un bout de vignoble…

  • Jean Sturm  1507 ~ 1589
  • Anstett Ostermann décédé 28 Octobre 1721
  • André Diebolt  2 janvier 1783
  • Georg Burg  1654
  • Mathias Ostermann, Lieutenant de la garde nationale
  • Général Jean-David Boerner 1754 ~ 1820
  • Augustin Gustave Hartmann  1762 ~ 1829
  • Charles-Léopold Hartmann 1855 ~ 1930

Si vous êtes dépositaires de documents familiaux offrant un caractère d’exemplarité sur la vie de Nordheim et de ses habitants (y compris sur le passé proche), il serait bien dommage de ne pas offrir ces témoignages à tous. Prenez contact avec nous. Nous publierons textes, photos, documents. Ne faites pas comme certains qui vident les greniers et brûlent des papiers qui pourraient s’avérer intéressants.

Merci à l’association du Centre Socio-Culturel pour tous les textes et images concernant le village et son histoire.