Les Origines de Nordheim

Si l’origine toponymique n’est pas contestée, il est très difficile de donner une indication précise relative au premier établissement de l’homme à Nordheim. Il est à  notre avis, largement antérieur au VIIème siècle, car la situation permettait :

  • de trouver de l’eau potable : une source intarissable naît dans la rue de la Mairie (elle donne d’ailleurs naissance au Nordheimerbächel, affluent de la Souffel); de plus, des puits peu profonds sont très nombreux dans la localité
  • de se protéger contre les intempéries (voir emplacement géographique)
  • de se défendre en cas d’attaque ennemie,
  • de se nourrir facilement vu la diversité des cultures naturelles (fruits, baies) et la richesse du terroir.

D’autre part, la présence de l’homme est attestée au Néolithique à Marlenheim et à Kirchheim.  A l’époque hallstattienne, un four de potier a été localisé en 1902 lors de la construction de la ligne de tramway entre Strasbourg et Westhoffen. Le long de la route  de Fessenheim à 700 m au nord-est du carrefour avec la RN4. Pour la période romaine, le doute n’est presque plus permis ; la via romaine passait à Kuttolsheim. Le long de la conduite d’eau amenant l’eau à Koenigshoffen, il est impensable que les légionnaires n’aient pas rejoint Wasselonne, village romain, en empruntant la route de Nordheim via le Stephansherg, car la trouée du Kronthal  était trop dangereuse. D’après Médard Barth (Der Rehbau des Elsass, le lieudit  » Steinehte gasse  » signifie que c’est un chemin romain (Steingasse = rue des Pierres). C’est ici que le travail de M. Piemont (Conception nouvelle de la Toponymie) me conforte dans mon hypothèse de faire remonter l’origine de la localité  antérieurement à l’installation des Austrasiens à Kirchheim, même si la toponymie date de l’époque mérovingienne. Des routes méridiennes parcouraient l’Alsace depuis la plus haute antiquité, l’une sillonnait la plaine du Rhin, l’autre longeant le vignoble. La première est  commandée en son milieu par Strasbourg, la seconde, à même latitude est noyautée par des localités ordonnées autour du mont Scharrach qui de ses 316 m  contrôle les alentours. Le Scharrachberg, du terme  » scara « , garnison de surveillance du service postal, est un lieu qui porte encore les vestiges de fortifications antiques. Si Osthoffen et Westhoffen sont les étapes des grands itinéraires nord – sud de la plaine alsacienne, il est à supposer qu’à Nordheim était installé un avant-poste qui permettait de  surveiller le nord et l’ouest de cet itinéraire.

Merci à l’association du Centre Socio-Culturel pour tous les textes concernant le village et ses origines.