La Topographie de Nordheim

Une photo aérienne prise en 1980 nous servira de prétexte à la présentation d’une esquisse de la topographie du village de son origine à nos jours.

Nous ne disposons plus d’aucune donnée précise : dans un recensement officiel de 1684, Nordheim est dénommé un bourg ayant son marché ; l’accès était possible grâce à plusieurs portes. Baquol ajoute « qu’il paraît même qu’il s’y trouvait anciennement un château », mais il n’en reste plus aucune trace.

L’annuaire du Bas-Rhin de 1843 dit que Nordheim était « entouré d’un mur d’enceinte flanqué de tours et muni de quatre portes » et que « ses rues tortueuses et mal percées se croisent en tous sens. L’irrégularité de son plan prouve que ce village n’a pas été bâti simultanément ». Nous partageons cette remarque. A l’origine, Nordheim était un « Ringeldorf » de configuration assez régulière.

  1. Place des Nobles
  2. Route de Kuttolsheim
  3. Rue de la Mairie
  4. Rue de l’École
  5. Place de la Mairie
  6. Espace réservé au jardinage
  7. Puits publics
  8. Source
  9. Chapelle et Cimetière
  10. Porte Méridionale
  11. Porte Occidentale
  12. Porte Septentrionale
  13. Porte Orientale
  14. Porte de la rue des Champs
  15. Route des Nobles
  16. Rue de l’Émetteur
  17. Rue de l’Abbé Delsor

Son centre était réservé au jardinage ainsi que la frange externe. A notre avis, ce village n’était pas fortifié et n’avait pas de lieu de culte ; supposition confortée par l’histoire puisque la christianisation de l’empire romain a commencé par les villes.

Étymologiquement : païen = paganus = paysan (habitant d’un district rural).

Devenu plus prospère, le village s’est étendu vers le sud et l’ouest et était alors un bourg fortifié avec 4 ou 5 portes. C’est au XIIème ou XIIIème siècle époque du beau Moyen-Âge, qui a vu fleurir de nombreuses villes neuves, que l’on peut placer l’essor de notre village. Mais Nordheim n’était pas une paroisse. Une chapelle édifiée au milieu du cimetière permettait aux Nordheimois de faire leurs dévotions. Cette chapelle était à l’emplacement de l’actuelle église. Ce bourg devait d’ailleurs être difficilement défendable, car en 1360, la commune s’est mise sous la protection de la ville de Strasbourg. En échange de cette aide, Nordheim se chargeait de fournir les hommes de corvée pour réparer les routes et les ponts de la cité strasbourgeoise ainsi que des chars et du ravitaillement. Par le passage des Suédois durant la guerre de 30 ans, Nordheim eut à souffrir à plusieurs reprises (1622 – 1625 – 1627 – 1632 – 1633). Le village fut occupé, pillé, incendié, les fortifications étaient de peu d’aide, on les maintint en certains endroits, on les démolit en d’autres et leurs pierres en grès servirent à la construction de granges ou comme fondations de routes. Lors du défrichement du XVIIIème siècle, la population augmenta à nouveau et c’est à cette époque que le village s’étendit vers l’ouest. Des maisons sont construites (rue des Pierres et rue de l’Émetteur) par les manœuvriers. Ils travaillent pour les gros propriétaires et exploitent quelques parcelles sur la colline. Leurs petites maisons s’alignent de chaque côté de la rue. Au XIXème siècle, la plupart des grandes fermes à colombages sont remplacées par des propriétés construites en calcaire, matériau jugé plus noble à l’époque et qui ne résiste plus aux outils des constructeurs.

Le village, frappé par l’exode rural au début de ce siècle, ne s’est pas agrandi. C’est en 1975 que le Conseil municipal décide de créer un lotissement de 7 maisons individuelles. Le long du  » Viehweg  » (chemin du bétail), sur un fossé qui servait depuis des décennies de décharge publique, propriété communale, s’édifient de belles maisons, témoins de la prospérité d’alors. En 1977, un nouveau lotissement communal de 21 maisons occupe une partie du  » Schafgraben  » (fossé des moutons). Simultanément de nouvelles constructions s’élèvent en périphérie de l’ancien noyau, mais presque toujours en direction des hauteurs, car aujourd’hui, le problème de l’alimentation en eau potable ne se pose plus. Nordheim compte à ce jour 200 constructions. Les demandes sont encore fortes pour construire dans ce site rural si proche de la ville. Quelles seront les réponses données à cette recherche de l’espace constructible ?

Merci à l’association du Centre Socio-Culturel pour tous les textes et les images concernant le village et sa topographie.